LE CHOCOLAT C'EST PERISSABLE

Brel aurait sans doute apprécié le titre de la série de Sandrine et Riccardo Barilla, qui prend l’éphémère à revers, réfute le temps despote et les routines assassines qui relâchent le souffle des complicités amoureuses. Après leurs séries dérangeantes To Copy et Naughty Daniel qui bousculent l’idée de l’auteur copié et le gotha, impitoyable, de l’art business, les artistes retiennent dans leur objectif, le mot glissé à la hâte sur le pare-brise, le cadeau sous l’oreiller, la boîte à messages ou l’invitation fléchée. Un monde de complicité qui va, qui vient, sensuelle, drôle, tendre, brûlante, toujours recommencée et pourtant jamais la même. Alors oui, les onze photographies, réalisées avec un Hasselblad numérique, composent avec le temps, avec le désir, un langage suffisamment conceptualisé pour répudier l’esthétique naïve, suffisamment maîtrisé pour retenir la fragilité du quotidien qui, lorsqu’on n’y prend garde, s’use de lui-même et se retire comme par inadvertance.

N'importe oú avec toi